Samedi 16 décembre 2006, Assemblée Générale de la Société de Défense des Animaux de Nice

Avec 3/4 d’heure de retard débute, sous l’oeil d’un huissier “commandité” par le président de la SDA, l’assemblée générale annuelle de la SDA. Plus d’une centaine d’adhérents présents.

Entouré de son avocat chargé des dossiers de justice de la SDA et du Commissaire aux comptes, M. Lupo, le président, Joseph Calza, présente son ordre du jour : bilans financiers 2004 à 2005 et 2005 à 2006 et renouvellement des 12 membres du CA.

Calza annonce d’entrée la couleur : “une grande partie du rapport financier concerne l’époque de madame Tholozan et j’avais accepté l’intérim depuis sa démission en mars 2006 jusque là”. Le conseil d’administration avait en effet désigné Calza qui occupait le poste de vice-président pour succéder à Tholozan. L’atmosphère de la salle dévoile une certaine tension pourtant contenue. Le président entame son rapport de présidence, “les travaux effectués dans des conditions qui ont amené un dépôt de plainte contre Simmonet. Et on a aussi changé la nourriture du fameux Moujaes”.

Concernant les dépenses de stérilisations, Calza explique, “la SDA intervient sur une cinquantaines de mairies pour aider à la capture d’animaux errants et aux stérilisations. Seules deux communes, La Trinité et Aspremont ont accueilli notre démarche avec beaucoup dintérêt”. Il lance dans la foulée, “ceux qui ont critiqué sans rien nous proposer ont fait perdre du temps”. On aurait put lui rétorquer, “celui qui a embauché une directrice fantôme à 3 000 € par mois a fait perdre de l’argent destiné aux animaux du refuge !”.

Quand parler d’argent fâche...

“Quand j’ai pris la présidence de la SDA, y’avait 500 000 €, on a quand-même fait nombre de travaux, il reste 500 000 € aujourdhui”
, débite, un soupçon tendu, le président. Lorsque la première question qui fâche s’échappe d’une adhérente, “mais je ne comprends pas : comment peut-il y avoir la même somme de 500 000 € sur le compte de la SDA alors que des travaux ont été faits au refuge et au siège ?”. Calza se cabre,  “des économies ont été faites”. Les adhérents n’en sauront pas plus. Le pacte de “non-agression” entretenu depuis le début de l’AG entre Calza et la majorité des adhérents s’éffiloche. Reproches, revendications et demandes de réponses franches fusent désormais des quatre coins de la salle.

Un adhérent, banquier, demande "qu'elle est la valeur de la directrice qui touche un salaire de 3 000 € ? Et que sont devenus les SICAV mis en banque et qui n’y sont plus". Applaudissements nourris dans la salle. “Quand je suis arrivé y’avait 500 000 € et aujourdhui y’a 500 000 €. Vous parlez dune époque ou y’avait 800 000 €” , clôture Calza. Cette époque ramène à la présidence de madame Tholozan.

“Mais vous étiez vice-président, vous êtes donc aussi responsable”, clarifie une adhérente. “Ils sont aussi responsables que moi”, se défend Calza, et de rajouter en direction de  monsieur Roux et  madame Ellisalt, “eux aussi étaient membres du conseil dadministration sous Tholozan”. Le banquier insiste, “où sont passés ses 200 000 €”?.

Une adhérente de l’opposition à Calza et Tholozan clarifie à son tour, “il y a une invalidation des comptes en cours”. Lupo, le commissaire aux comptes, confirme que les comptes 2005 ne sont pas validés car “il n’y avait pas eu de vote vu le brouhaha qui était ressorti de l’AG de décembre 2005”. Fameuse assemblée générale où les membres du bureau et Tholozan avaient déguerpi de la salle lorsqu’une adhérente, madame Olivain, avait souhaité lire aux adhérents la lettre de démission du docteur Bouhana, ex-membre du CA. Cette lettre dénonçait les griefs de ce vétérinaire à la retraite scandalisé par les mauvais traitements aux animaux et les mystères entourant la gestion des finances et des legs de la SDA.

Lupo reprend, l’argent est placé et sans risque. Il confirme, “80 000 € ont été perdus en action sous le règne de  Tholozan mais je n’étais pas encore commissaire aux comptes de la SDA”. Lecture du rapport financier et renouvellement des réserves formulées en 2005 sur la continuité des activités de la SDA vu les réserves financières actuelles. Le sujet tabou de la surfacturation de la nourriture faite pendant des années par Moujaes, le fournisseur officiel de la SDA, est remis sur le tapis. Peu concerné, Calza se contente de répondre “on n'a pas été vigilant”. Huée retentissante des adhérents. “Mais je ne suis pas le seul responsable, M. Roux ici présent aussi navait pas réagi”, se raccroche Calza.

Vous pouvez répéter la question ?

“Gros bordel” sur la question du quitus (acte par lequel la gestion d’une personne est reconnue exacte et régulière). Un adhérent fait remarquer qu’il faut savoir sur quoi exactement se prononcer. “La gestion financière a été approuvée par le commissaire aux comptes”, se veut rassurant Calza. Mauvaise implication flagrante dans ce dossier puisque Lupo lui rétorque immédiatement, “non  je l’ai pas approuvée car c’est pas mon rôle”. Un adhérent reproche à Lupo, “vous naviez qu’à démissionner en vous apercevant des problèmes financiers. Je n’approuve donc ni les comptes ni la gestion financière”. Applaudissements. “Je n’ai pas à m’initier dans les affaires de la SDA”, se défend Lupo qui admet “ne rien connaître en matière animale” et navait pas capté que le poste nourriture était trop important. Échec du quitus (exercice 2004 à 2005 et 2005 à 2006) rejeté à l’unanimité par les adhérents par vote à mains levées.

Le vote du quitus pour les administrateurs est également rejeté à l’unanimité. Calza fait remarquer que “des membres du CA de Tholozan, présents dans la salle, et se présentant sur la liste de l’opposition refusent le vote de leur propre quitus”. Pour prouver la spéculation engagée par la SDA avec l’argent des adhérents, Ralph Havot, adhérent banquier, déclare, “270 000 € de sicavs, actions... au 31 décembre 2005. Aujourdhui, y’a plus rien”. “Tholozan ou est passé l’argent ?”. Dépité il rajoute, “les 72 000 € on risque pas de les retrouver”. Comme d’une évidence, il poursuit, “Je suis intègre et que tant que je serai dans le CA on entendra plus parler de disparitions d’argent”. On regrettera que cette belle gageure ne fut pas d’actualité durant le rêgne de Tholozan.

La lettre

Théâtralement, Amélia Tarzi, les bras chargés de photocopies de la dite lettre, se lève et demande distinctement à Calza “où en est la plainte déposée contre Moujaes”. Dans la lettre du  21 août 2006, Calza écrivait à l’auditeur David W. Barnes : “je vous informe qu’une plainte avait été déposée le 19 juin 2006 afin de faire la lumière sur ces dossiers concernent les dysfonctionnements de la nourriture et des travaux exécutés au refuge de la Conca”. Planté au poteau, Calza ne sait que répondre et s’enlise. Il bredouille, reste coi, cherche ses mots. Les photocopies se retrouvent rapidement dans les mains des adhérents. Tarzi conclut : “donc pas de plainte contre Moujaes”. Subitement Calza s’enflamme, “moi je suis responsable de rien du tout”. Il hurle, “est-ce que quelqu’un ici m’accuse de malversations ou pas !”. Silence dans la salle.

Renouvellement des 12 membres du CA

Calza revendique
à nouveau qu’il ne se représente pas à se propre succession. Le Dr Bouhanna présente les membres de sa liste ainsi que la mission qu’ils sengagent à tenir s’ils sont élus. “Nous nous engageons à une transparence totale en dépenses financières. Un audit indépendant des comptes sera lancé si on est élu”. En profite pour justifier : “trois dentre nous ont fait partie de l’ex CA sous Tholozan. Moi-même j'ai démissionné et les deux autres sont restés courageusement selon mes conseils pour la relève d’aujourdhui”. Un nom inattendu, celui de Patrick Villardry, est annoncé sur cette liste. Rappelons que Calza l’avait nommé faisant partie de son Comité Scientifique et Technique. Présent à cette assemblée, Villardry sexplique en apartée : “J’étais pas au courant. Lors de ‘linauguration de la pénétrante à Cagnes-sur-mer, il ma demandé si je voulais faire partie de son comité scientifique et technique. Mais jai rien signé et j’ai pas donné mon accord. J’ai dit pas daccord avec l’embauche de la directrice qui n’y connaît rien en animaux. Je veux pas jeter la pierre mais les conditions que j’ai posées au nouveau CA, c’est un audit et du personnel compétent. Il faut virer le personnel en place. Si c’est pas tenu je partirai du CA. Mais les gens ont aussi droit à une deuxième chance”. Yolande Olivain précisera plus tard, “tout membre qui ne prendra pas sa tâche à coeur devra démissionner”.

C’est à bulletin secret que chaque adhérent à jour de sa cotisation votera pour la liste de son choix. Élue à 525 voix contre 84 pour Calza, la liste de l’opposition du docteur Bouhanna l’emporte haut la main.

La mission de ce nouveau conseil d’administration reste ardue : redresser la barre financière, réinstaurer la confiance envers les adhérents et donateurs, s’entourer d’un vrai personnel compétent, poursuivre les actions en justice engagées contre les “impunis”, licencier la directrice nommé par Calza et qui “mange” sans honte, chaque mois, l’argent destiné aux animaux et surtout s’assurer de la réelle possibilité de continuité de l’action de la SDA auprès des animaux en détresse.
Quant à madame Tholozan, monsieur Moujaes et compagnie... que la justice fasse son travail.

Delphine Delétang


LES 12 MEMBRES DU NOUVEAU CONSEIL D’ADMINISTRATION

Roux Jean-Pierre (nouveau Président de la SDA de Nice) : ancien conseiller municipal de Nice et subdélégué à la protection animale

Alziari-Nègre Andrée (1ère vice-présidente) : médecin, conseiller municipal de Nice et  déléguée à la protection animale

Bouhanna Jean (2ème vice-président) : vétérinaire à la retraite

Havot Ralph (trésorier) : banquier

De Vienne Christine (trésorière adjointe) : ancienne directrice d’agence bancaire

Elissalt Janine (secrétaire) : cadre administratif et gestionnaire

Olivain Yolande (secrétaire adjointe) : assistante d’agence d’emploi et 30 années de protection animale de terrain

Chollet Catherine : 20 années d’expérience dans diverses associations de protection animales

Frère Michèle : infirmière

Ganancia Michèle : 25 années de protection animale de terrain

Villardry Patrick : sapeur-pompier, maître-chien et adjoint au maire de St-Laurent-du-Var