La lettre indépendante La Rougna, intégralement  financée par des citoyens parla_rougna__une_ticipatifs indépendants, a d'abord été publiée sous forme d'un tabloïd de 4 pages et diffusée à 3 000 exemplaires à Nice.

Lenquête de ce dossier met en exergue les dysfonctionnement flagrants qui entachent la mission de la SDA de Nice dans sa mission d'aide aux animaux en détresse.

Aujourd'hui, l'enquête est publiée sur le net afin d'être consultée par tous les internautes, pour prendre conscience du sort des animaux abandonnés par leurs "maîtres".

... à diffuser sans modération* !

Sommaire du dossier
ci-dessous :
1 La SDA dans la tourmente
2 Une assemblée Générale survoltée
3 Un second refuge ?
4 Audit révélateur
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1  LA SDA DANS LA TOURMENTE


Reconnue d’utilité publique et officiant sous un régime sociétaire privé, la SDA, affiliée à la Confédération Nationale des SPA de France, est indépendante dans ses actions et sa gestion pour mener à bien sa mission d’aide aux animaux.
   Mais depuis plusieurs années, de flagrants dysfonctionnements entachent la SDA. En 2000, le vice-président et le Président du Conseil de l’ordre des vétérinaires, tous deux membres du Conseil d’Administration (C.A.) de l’époque alertent leurs confrères sur la gestion financière de la SDA et surtout sur les mauvais traitements infligés aux animaux. Depuis, ceux-ci furent évincés par la présidente en place depuis plus de vingt ans, Madame Tholozan.

VISITE AU REFUGE DE LA CONCA

L’écoeurement des bénévoles les plus actifs à pris toute son ampleur cet été. La création d’un “Comité de Soutien des Animaux du Refuge de la Conca” en est d’ailleurs la résultante. Alerté par des bénévoles, le docteur Alain Frère, maire de Tourette-Levens, se rend accompagné de son ex-adjoint, vétérinaire évincé du C.A. de la SDA, et de Monsieur Calza son conseillé, au refuge de la Conca situé sur sa commune. “J’ai constaté que le refuge n’était pas aux normes mais surtout l’état des chiens et leurs enclos n’étaient absolument pas couvert”, explique-t-il. Son ancien adjoint avait d’ailleurs averti, dans une lettre ouverte aux adhérents de la SDA en 2000 : “il est intolérable de fermer les yeux plus longtemps sur les dysfonctionnements de notre association qui entravent inéluctablement sa vocation première d’aide aux animaux en détresse (...) allez visiter le chenil de la Conca il est égal sinon pire que celui de l’Ariane (...) c’est une véritable trahison envers notre vocation, la protection animale”. Rappelons que le refuge de l’Ariane est fermé depuis plus de 6 ans.

   Dans un audit informel, Yolande Olivain, active bénévole, fait constater à la présidente de la SDA “plusieurs dysfonctionnements et l’incompétence grave de ses employés”. Aux dires de plusieurs acteurs de la protection des animaux de la SDA, Madame Tholozan “garde une position de déni total et nous accuse de mensonges”. Pour Madame Tholozan, “Je trouve que c’est exagéré. Je sais que certains veulent ma place”. Il est pourtant facile de vérifier la véracité des accusations proférées lorsqu’on est l’unique capitaine à bord : se rendre sur place. “Pendant l’A.G. j’ai bondi lorsque Tholozan a prétexté qu’elle ne pouvait monter au refuge puisque pas véhiculée. Quand je montais elle n’a jamais voulu venir avec moi. Pourquoi ?”, s’interroge Martine Courant, restée dix ans comme employée à la SDA. Les bénévoles réguliers et les employés du refuge attestent que la présidente ne monte toujours pas au refuge. Celle-ci affirme  en interview “Ça fait un an que je monte toutes les semaines”. Quant aux membres du Conseil d’Administration : “une seule personne du C.A. monte chaque semaine pour promener les chiens. Les onze autres membres ne sont jamais montés au refuge, ou une fois ou deux pour deux d’entre eux, mais jamais pour s’occuper des animaux, encore moins leur faire une caresse”, affirment les bénévoles actifs. Peu bavards, les employés ne contestent pas.

DERRIÈRE LES ABOIEMENTS...

Quelques jours avant l’assemblée générale du 10 décembre 2005, des bénévoles constatent un -6° dans les boxes des chiens. La Direction Sanitaire et Vétérinaire des Alpes-Maritimes réclamait déjà, en juillet dernier, dans un courrier adressé à la SDA “une température minimale de 15° dans les boxes en permanence”. Juste avant l’assemblée générale, un système de chauffage est installé à la hâte mais aucun membre directoire de la SDA ne saura que celui-ci ne fonctionne plus. Les chiens resteront dans le froid jusqu’à la venue des agents EDF à la fin décembre. “Durant plusieurs années, l’ancien gardien ne mettait jamais de couvertures aux chiens car ils les salissaient. Les couvertures offertes restaient dans un placard. Et quand en plein hiver, il pleuvait dru et qu’en partant du refuge la dernière image que je voyais c’était les chiens couchés dans la boue sans pouvoir se protéger nulle part... je partais en chialant”, confie Martine, émue. Et maintenant ?

“L’employé continue de nettoyer à grande eau froide et aux produits désinfectants sans sortir les chien des boxes et ce, en plein hiver” s’accordent à dire les bénévoles et un autre employé du refuge. “Du coup les chiens peuvent avoir des altérations à la gueule et c’est ensuite la descente aux enfers pour eux”, raconte Marine Revenusso, bénévole. Le principal “accusé” nie catégoriquement.

“Il y eut aussi un temps où les chiennes du refuge se faisaient engrosser dans les boxes puisque Madame Tholozan ne voulait pas les stériliser. Les chiots étaient immédiatement retirés à la mère pour être chloroformés et les chiennes toujours pas stérilisées repartaient dans les boxes avec des mâles !”, se remémore Martine encore scandalisée. Selon elle, “Tholozan ne stérilisait pas les chiennes pas très belles car c’était un manque à gagner si elles n’étaient pas adoptées. Alors elle m’envoyait acheter de l’anti-laiteux et zou ça recommençait”. D’autres témoignages viennent corroborer ses affirmations. Pratique, semble-t-il, toujours d’actualité.

De larges accusations sont également proférées sur le manque de soins aux animaux malades. “Les chiens ne sont pas soignés ça coûte trop cher. Quant au nouveau vétérinaire il ne monte que pour les piquer”, affirment l’ancienne employée et les bénévoles actuels. Durant l’A.G. de décembre 2005 les membres du Comité de Soutien aux Animaux n’obtiendront aucune réponse de la présidente sur ce sujet. En interview elle s’explique : “quand y’avait des chiens un peu agressifs ou qu’ils étaient là depuis quelques mois, je les faisais endormir pour donner la place à un autre chien et puis rester un an dans un boxe c’est pas une vie”. Récemment, la gardienne du refuge s’est vu administrer un avertissement par la présidente pour avoir contacté un autre vétérinaire pour le cas d’un chien gravement malade. Le carnet de soins aux animaux semble ne contenir que des euthanasies aux dires de l’ancien vétérinaire attaché à la SDA. On ne rencontre d’ailleurs pas de vieux chien au refuge. “Comme dans d’autres refuges, un parrainage des animaux pourrait se faire pour leur offrir une belle fin de vie”, propose Marine.

En 2004 : 42 euthanasies déclarées ont eu lieu au refuge

Madame Tholozan continue d’affirmer que “les euthanasies sont très rares”. Il y a du mieux puisque pendant des années “y’avait pas de salle réfrigérée donc les animaux morts étaient entassés derrière les boxes des chiens durant plusieurs jours le temps que je les descende dans ma voiture jusqu’aux anciens abattoirs de Nice. C’était insupportable !” se souvient Martine. Les critères d’euthanasie des chiens demeurent pourtant floues.

   La tenue hasardeuse du registre des entrées et sorties des chiens ne date pas non-plus d’hier. En 2004, le Service de Santé et Protection Animale attaché à la Direction Départementale des Services Vétérinaires des Alpes-Maritimes exigeait déjà : “tenir à jour le registre des entrées et sorties des chiens, leur identification et les causes de mortalité”.

   Il y eut aussi, un matin d’été 2005, le cas grave d’un chien retrouvé égorgé dans son boxe. “Un chien s’est fait étrangler par un autre. C’est à cause de la surpopulation. Alors moi je prends plus de chiens comme ça tout le monde est content”, se contente d’expliquer la présidente.

   Quant aux sorties des chiens pour leur faire dégourdir les pattes : “cela fait à peine quelques mois que des bénévoles promènent un peu les chiens. Elles font de leur mieux mais ne sont que deux pour plus de 50 chiens !”, regrette l’ex employée et deux bénévoles. Précisons que les chiens n’ont que 8m2 de surface habitable. Comme l’avait déjà souligné un vétérinaire membre du C.A., “cela provoque des problèmes graves de comportement”. Pour la présidente, “sortir les chiens pour dix minutes ça fait du bruit pour rien. On devrait les sortir une-demie heure une fois par mois. J’ai téléphoné à d’autres refuges, eux      non plus ne sortent pas les chiens”. Peut-être, mais beaucoup de refuges français ont des aires de détente fort bien aménagés pour y laisser les chiens gambader plusieurs heures, ce qui n’est pas le cas du refuge de la SDA qui ne possèder qu’un terrain en pente jonché de pierres et sans verdure.

   Différents cas de maltraitance sur animaux apparaissent également fort troublant. Mi-décembre, sept chiens sont amenés de la fourrière de Nice qui sert de transit avec les chenils. “Très apeuré un jeune chien d’un an a mordu l’un des employé. Ce chien n’avait pourtant pas eu de comportements agressif à la fourrière. C’était sans doute l’énorme stress. Le lendemain matin, le chien était retrouvé complètement paralysé dans son boxe”, explique Marine Revenusso. Aucune enquête n’a été ouverte par la présidente, ni par son Conseil d’Administration pour connaître les raisons de cet état. Le chien a finalement  été piqué.

LES PROBLÈMES DES CHATS

La question récurrente, depuis plusieurs années, des chats non mis à l’adoption n’a pas interloqué que les bénévoles et un ex-vétérinaire de la SDA. “Je suis restée une heure avec les chats et ils ne sont pas du tout agressifs” constate l’épouse du maire de Tourette-Levens. Comme son mari, elle se demande “pourquoi ils ne sont pas mis à l’adoption ?”. Pour Madame Tholozan la réponse est claire : “les chats sont agressifs, sales et au moins ceux qui sont au refuge ne risquent pas de tomber des balcons”. Les chats recueillis au local niçois de la SDA sont pourtant mis à l’adoption. Pour laisser de la place aux nouveaux arrivants, certains chats sont amenés au refuge de la Conca. On s’interroge. Les chats du local parfaitement adoptables deviendraient-ils agressifs et associables en 45 mn de transport en montant au refuge ? Les chats du local mis à l’adoption seraient-ils dotés d’un pouvoir qui les empêcherait de tomber des balcons de leur futur adoptant ? Absurde. Pourquoi le nombre de chats du refuge n’augmente-il donc pas ? Aucune réponse tangible ne sera apporté. Pourtant, des “ronrons” fusent lorsqu’on approche du grillage de leur enclos. Dociles et adoptables... ils le sont.

   En avril 2005, un vétérinaire, membre du C.A. demandait déjà par écrit “où sont-ils passés ?”, en constatant que le nombre de chats ne bougeait pas alors qu’on en montait régulièrement et qu’ils n’étaient  pas mis à l’adoption. Rappelons que Madame Tholozan affirme que les euthanasies sont rares. Il semblerait aussi qu’aucun registre ne soit tenu sur les entrées des chats. Problème qui ne date pas d’hier selon le Service de Santé et Protection Animale de la préfecture des Alpes-Maritimes et effectivement constaté par une ancienne employée de la SDA  qui affirme que “les chats sont complètement laissés à l’abandon”. On s’étonnera pourtant de la continuité actuelle des dysfonctionnement relevés à l’époque puisque la SDA avait un délai d’un mois pour s’acquitter de toutes ces mises en conformité.

   Beaucoup de chats ont les yeux embourbés de pus dû au coryza. Le problème réside aussi dans le mixage des chats sains et malades. Lorsqu’on interroge la présidente sur les vecteurs de contamination de cette maladie sa réponse fuse, “moh... oui, mais on a les médicaments et les plus atteint vont à l’infirmerie”. Elle justifiait en A.G. que “le vétérinaire monte une fois par : : semaine mais je ne veux pas qu’il monte quand y la gardienne du refuge”. Que se passe-t-il donc loin des yeux de la gardienne ? 

REFUGE DE LA CONCA : TIMIDE LIFTING

Au printemps 2005, les bénévoles exaspérés par la vétusté de l’enclos des chats décident de l’aménager à leurs frais. Tables, chaises, paniers, couvertures, coussins, gamelles... tout y passe même des jouets pour distraire ces animaux isolés de tous. Parfois, le refuge n’a aucun paquet de sciure en réserve.

Durant plus de vingt ans, les boxes des chiens n’étaient pas couverts. A force de combats et de luttes des bénévoles excédés, certaines améliorations ont été apportées. Mais le recouvrement des boxes n’est pas parfait. Par temps de grand orages, les chiens sont trempés. Il est, de plus, compliqué de laver les couvertures de plus de 50 bêtes lorsqu’on n’a pas de machine à laver sur place ! Depuis quelques mois, une machine à laver le linge est enfin branchée. Cet achat spontané est un don d’une bénévole excédée. Mais pour Madame Tholozan “avant, heu... non... je ne sais pas, on trouvait pas ça très utile”. “On lavait dans une baignoire les couvertures, on a une très belle baignoire” se satisfait-elle. Il est bien clair que ça n’est certainement pas la présidente qui lavait les couvertures souillées de déjections... qui atterrissaient en réalité à la poubelle. Aujourd’hui encore, on peut apercevoir l’employé d’entretien passer les couvertures au Karcher par temps humide faute d’autres possibilités. La machine à laver n’a qu’une contenance de deux couvertures !

“MONTRE-MOI TES DÉJECTIONS JE TE DIRAI CE QUE TU MANGES”

Lors d’une visite au refuge cet été, des bénévoles écœurés découvrent, photos à l’appui, que les animaux ont tous des diarrhées importantes et chroniques. Des amas de déjections molles, devenues sèches avec le temps, sont encore collés dans les longs poils des chats. Pour les chiens, même constat. Rapidement les soupçons sont orientés vers le “manque de qualité de la nourriture donnée”. Les bénévoles tenteront d’en parler lors de l’assemblée générale avant qu’on leur demande “de la fermer.” Pourtant présent à cette assemblée, Monsieur Moujaes, revendeur de la marque Anifood, les croquettes officielles de la SDA, n’interviendra pas.

   Les 134 627 € de budget nourriture annuel pour les Alpes-Maritimes annoncés par la présidente de la SDA en A.G. n’est pas explicite. Pour les membres du Comité de Soutien,la somme apparaît faramineuse. En interview, Madame Tholozan s’explique ainsi : “je ne vais pas détailler combien coûte les spaghettis. Si vous voulez le détail, il faut consulter les factures”. Un telle réponse laisse perplexe. D’une part, jamais aucun membre de la SDA n’a constaté que les chiens avaient droit à des spaghettis pour leur repas. D’autres part, combien d’adhérents peuvent passer une journée entière à éplucher les factures entreposées au siège de l’association ? Cette polémique ayant déjà atterrit dans les oreilles de la présidente, on peut se demander pourquoi n’avoir pas jouer la carte de la transparence sur cette question. L’audit éclairera sans doute ce point.

   Fort décontenancées par le budget nourriture annoncé, des bénévoles décident donc de mener leur enquête. Un commercial de Royal Canin est contacté pour établir un devis prenant en compte les tarifs les plus élevés de leur catalogue pour une quantité journalière de croquettes supérieur à la normal pour les chats et les chiens. Le résultat est sans appel : 113 249 € de différence entre Royal Canin et Anifood.

   En interview privé quelques jours plus tard, le fournisseur des croquettes, explique après avoir longuement donner sa propre définition des diarrhées : “J’ai en effet constaté des problèmes de diarrhées sur certains chiens. Si un chien est malade on l’envoie chez un vétérinaire qui dira si c’est un problème de nourriture ou pas, moi je suis d’accord. Mais je n’ai aucun intérêt à perdre mes clients je n’ai donc aucun intérêt à leur vendre de la mauvaise qualité”. Et de s’emporter : “purée ! vous croyez que c’est facile pour nous. On leur fait même pas payer le transport ni le reste”.... Le reste ?

   En novembre 2005, Monsieur Blangino, contrôleur d’élevages, juge international de la Société Centrale Canine et trésorier de la SDA, accompagné de Monsieur Moujaes,  montent au refuge et constatent la présence : : d’un paquet de croquettes d’une autre marque qu’Anifood. Selon les bénévoles sur place ce jour-là : “Moujaes est entré dans une colère noire et a jeté une table et le sac de croquette contre la porte”. Elles tentaient un changement de nourriture pour les chiens trop atteint de diarrhées depuis longtemps. “Blangino nous a dit qu’il est hors de question qu’on change la nourriture”. Pour Madame Frère, le problème de nourriture la laisse perplexe : “je ne comprends pas pourquoi Madame Tholozan ne veut pas changer les croquettes. Et puis j’étais à l’assemblée générale quand le vétérinaire de la SDA a dit que les croquettes étaient très bien. Ça m’a choqué”. Madame Revenusso, bénévole, avait aussi fait une étude de prix pour faire changer la nourriture. Lorsqu’elle en fit part à la présidente, celle-ci lui aurait répondu : “écoutes, t’es gentilles mais il me rend des services, alors si les chiens mangent moins bien c’est pas grave”.  Cett même justification fut donnée en A.G. devant les adhérents. Des suspicions planent sur les rapports d’intérêts entre le fournisseur d’Anifood et le directoire de la SDA. Parano ? Réalité ? Force est pourtant de constater que le revendeur de croquettes s’avère être aussi... le concepteur du site internet de la SDA.

“PETITS ARANGEMENTS ENTRE AMIS ?”

Lors du conseil d’administration de novembre 2004, Madame Tholozan, propose la création d’un site internet à ses membres du conseil. Le feu vert est  lancé à l’unanimité pour consulter deux à trois entreprises afin de faire jouer la concurrence sur les propositions de devis.

   Le désenchantement des membres du conseil survient trois mois plus tard, à la mi-février 2005, lorsque la présidente leur annonce que le projet de création du site web à déjà été conclu le mois précédent. C’est la filiale “Bee on web” d’Anifood Ticker’s SARL, dirigée par Monsieur Moujaes, le fournisseur de croquettes, qui a remporté le marché pour 7 976,27 €. Une polémique s’installe entre les membres du conseil et leur présidente sur le manque flagrant de propositions établies. Elle s’en défend en affirmant qu’un seul devis, plus cher, lui a été soumis (devis égaré selon elle) et semble ne pas ne se souvenir qu’une bénévole webmaster s’est proposé de créer leur site gratuitement.

   La séance extraordinaire du conseil d’administration du 24 février 2005 met en exergue un “abus de confiance” de la présidente dans cette affaire, par le docteur Bouhanna, scandalisé par cette manœuvre. Déjà exaspéré par les autres dysfonctionnements, il souhaite sa démission pour “manquement grave” et soumet cette proposition à ses confrères du bureau. Il affirme, de plus, que Madame Tholozan a signé les chèques de l’engagement de la création du site par “Bee on web” cinq jours avant leur réunion...  Elle ne s’en souviendra pas. Écoeuré par la passivité de ses confrères à se contenter “d’être là pour faire de la figuration”, il finira par poser sa démission. Tout ça pour en arriver où ? Le site de la SDA propose un site peu fourni et peu fiable. Une page complète sur les chats du refuge pourtant non mis à l’adoption est mise en ligne, alors que les chats du local, mis à l’adoption, n’y figurent pas. Les informations erronées de leurs âges respectifs saute également aux yeux pour ceux qui ont vu les chats du refuge. Des internautes ont d’ailleurs contacté le webmaster du site de la SDA afin d’obtenir quelques renseignements  pour adopter un chat “mis en ligne”. Sa réponse se fait toujours attendre. 

Pour Monsieur Moujaes, “faut pas passer son temps à incriminer les gens. Nous sommes très professionnels et on fait la mise à jour deux fois par mois”. Ça fait pourtant des mois que ces mauvaises informations sont publiées. Il précise que “le site de la SDA ne dépasse pas les 10 connexions par jour”.  En interview, Madame Tholozan affirme sa surprise concernant la page web des chats du refuge, “je ne savais pas, ça c’est une bêtise”. N’a-t-elle donc jamais jeter le moindre regard sur son site ? On se demanderait presque l’intérêt d’avoir investi près de 8 000 € dans ce site.

Flagrante mauvaise foi
Très agressif lors de notre entrevue, Monsieur Moujaes, “créateur” du site internet de la SDA, avait très mal pris cette question : “Alors que vous avez facturé près de 8 000 € à la SDA pour la création de leur site internet, comment expliquez-vous qu’en cliquant sur leur site, l’internaute “arrive” directement sur la publicité de votre boutique Anifood placardée en page d’accueil, avec un lien web direct dans votre propre site ? Sa réponse d’abord assassine s’était terminée par un : “quand vous savez qu’aujourd’hui le site de la SDA ne dépasse pas les 10 connexions par jour, c’est plutôt la SDA qui aurait le plaisir d’avoir sa pub sur notre site.”

> Depuis notre entrevue, la publicité d’Anifood a mystérieusement disparu du site de la SDA.

LE SOS DES BÉNÉVOLES EN DÉTRESSE

Les uns dénoncent, les autres démentent. L’enquête menée a pourtant mis en exergue la pertinence des nombreuses accusations émises à l’encontre du directoire de la SDA. On se demande pourquoi les choses sont toujours en l’état depuis tant d’années alors que différents organismes ont été alertés par les bénévoles excédés. “Ça fait un bout de temps que je reçois des lettres sur la SDA. On a fait une enquête et on à rien... heu... c’est un refuge sans   problèmes”, explique rapidement  Madame Hasson, présidente de la Confédération Nationale des SPA de France et proche de Madame Tholozan. A la question : “quand avez-vous fait votre enquête ?”, réponse directe : “je ne m’en souviens pas... heu... je ne sais pas”. D’autres associations animalières furent également contactées par les  bénévoles, mais “on ne se mêle pas des histoires des autres associations” leur répondra-t-on. Ce n’est pas tout, certaines personnes actives auprès des animaux ont peur et disent “subir des pressions de la part de la présidente”.

Et la Direction des Services Vétérinaires ? “Pour les visites on va sur place et on prévient la direction, c’est selon qui on va voir. Depuis juillet 2005 on a pas fait de  nouvelles visites à la Conca. L’établissement étant sous surveillance, je ne peux en dire plus”, explique monsieur Coulibali. Mais pour Madame Tholozan, “moi je trouve que tout ça est exagéré. Si je suis là depuis trente ans et que je me prive de tout, de ma famille, de mes loisirs c’est pas pour le plaisir d’être dans ce local. Y’a plus chic”.

   Le souhait des bénévoles n’apparait pourtant pas farfelu : soigner systématiquement et rapidement les animaux malades, mettre les chats du  refuge à l’adoption, changer la nourriture, continuer les travaux d’amélioration des enclos des animaux et du refuge, embaucher du personnel compétent et possédant une capacité officielle à travailler avec les animaux, superviser le travail des employés du refuge et monter régulièrement pour s’assurer du bon fonctionnement, mettre les membres du conseil d’administration devant leurs responsabilités pour assumer leur mission, obtenir des explications franches sur la perte des 1 530 000 € de trésorerie en cinq ans et refuser qu’un deuxième  refuge ne soit créé dans l’état actuel des choses. Rappelons que le Commissaire aux Comptes affirmait en assemblée générale que “la trésorerie ne garantissait pas la tenue du refuge au-delà de trois ans”. Pourtant, Madame Tholozan veut un second refuge. Delphine Delétang

Pour adopter un animal  :
SDA - 38 bis rue Mal Joffre à Nice:04 93 88 71 47
Refuge de la Conca à Tourette-Levens :04 93 91 01 03
Comité de Soutien aux Animaux de la Conca : sosconca@hotmail.fr


         2  UNE ASSEMBLEE GENERALE SURVOLTEE

Une effervescence inhabituelle anime le parvis de l’hôtel Atlantic en ce samedi 10 décembre 2005. Des dizaines de personnes portent une vive attention à des feuillets jaunes échoués dans leurs mains. Des photos peu ragoûtantes y côtoient un questionnaire : “pourquoi avoir laissé les boxes des chiens sans chauffage pendant 20 ans ?”, “pourquoi refuser de changer la nourriture qui donne des diarrhées chroniques aux animaux depuis des années”, “pourquoi les chats du refuge ne sont pas mis à l’adoption ?”, “pourquoi les chats malades et contagieux sont laissés avec les chats sains ?”.... Chacun y va de son commentaire, de ses interrogations et de ses explications. Le “SOS des animaux du refuge de la Conca” est en route. Il est 15h. L’Assemblée Générale de la Société de Défense des Animaux de Nice va démarrer.

VOUS AVEZ DIT BIZARRE...

Présidente de l’association, Madame Tholozan, ouvre la séance sur une proposition de vote à main levée de deux nouveaux membres du Conseil d’Administration. Le Comité de Soutien s’y oppose : “il faut respecter les statuts et faire un vote à bulletin secret”. Soutenue par son Conseil d’Administration et une majorité d’adhérents, la présidente refuse catégoriquement. Le brouhaha s’installe. Le vote à main levée est entériné. La présidente poursuit avec le bilan annuel des améliorations apportées au refuge de la Conca situé à Tourette-Levens. Du fond de la salle, des questions tentent de rebondir à ces affirmations. “Vous poserez vos questions après” lance-t-elle. L’athmosphère est survoltée. Le “Comité de Soutien aux Animaux” se méfie et ne veut pas être bâillonné comme les années précédentes.

“La SDA a de l’argent. C’est la preuve de la confiance des donateurs en nous et notre gestion” explique la présidente. De rajouter un peu plus tard : “Nous n’avons pas de réserves financières. Les dépenses des travaux et aménagements du refuge et les frais de nourriture et de vétérinaire coûtent cher”. Madame Olivain, membre du Comité de Soutien aux Animaux, demande le détail des frais de nourriture pour les animaux du refuge. Pour le Comité, la nourriture est la cause des problèmes de santé constants des animaux. Les questions fusent mais pas de réponses.

QUESTION D’ARGENT

Monsieur Blangino, trésorier de la SDA poursuit par l’énumération de son bilan financier. Les chiffres s’envolent dans la salle sans que personne ne semble en comprendre grand chose. Présente à cette A.G., madame Frère, épouse du maire de Tourette-Levens en charge du dossier du refuge de la Conca confiera plus tard, “Au lieu d’énumérer des tas de chiffres incompréhensibles il aurait fallu simplifier le compte-rendu et permettre aux gens de poser leurs questions. On a rien compris aux chiffres, les comptes sont opaques”. Le Comité de Soutien revient à la charge sur les mauvais traitements sur animaux constatés depuis plusieurs mois. “Les agissements de certains membres irresponsables n’ont qu’un but, déstabiliser l’association. Je vous demande comme par le passé de ne pas écouter ses ragots malfaisants” tranche le trésorier.

  Commissaire aux Comptes de la SDA,  Monsieur Lupo intervient pour assurer de la sincérité des comptes. Pour lui, “dans trois ans la SDA c’est fini, l’association dégage trop de pertes”. “Mais alors pourquoi vouloir faire un second refuge ?” lance une femme du fond de la salle. “Si c’était que de moi y’aurait pas cette assemblée”, menace-t-il en guise de réponse. L’agitation s’intensifie.

JE N’AI RIEN VU MAIS JE DIRAIS TOUT

La question des chats du refuge non mis à l’adoption est lancée. “Ces chats sont agressifs, peu sociables et certains sont sales” rétorque la présidente. “C’est faux” scande le Comité de Soutien aux Animaux. Quelques adhérentes soutiennent vivement la présidente. A la question : “Avez-vous constaté   personnellement que les chats montés au refuge sont agressifs et associables ?”. Leurs réponses sont identiques : “heu... non, je ne suis pas monté depuis des années”, voir “heu... je ne suis jamais montée au refuge”.

Les membres du Comité insistent pour avoir la  parole. Certains tentent de prendre le micro pour se faire entendre. En vain. Conseiller municipal de Nice et conseiller communautaire, Monsieur Calza, s’aggrippe férocement au micro refusant catégoriquement de leur donner la parole pourtant promise en début de séance.

Finalement, Amélia Tarzi, bénévole active dans la protection animale internationale sera la seule à pouvoir vraiment s’exprimer. Elle propose de lancer un audit sur la SDA par des age